Jeudi 21 août 2008
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18:23
Toubab Dialaw
J'étais pas revenue dans ce coin atypique de la Petite Côte depuis 10 ans !!! No comment... mais je me rends compte que ma vie à Dakar n'est pas suffisamment agrémentée de sorties dans les coins
sympas que j'aime bien. Vive les visiteurs et les visiteuses chez moi donc.
Le but de l'escale à TD pour le voyage de Cha, c'était dans ma tête de l'amener profiter des rencontres qui se nouent quasi automatiquement à l'Espace Sobo Badé (en vaudou "accueil-ouverture") un
complexe hôtelier et culturel (lieu de stages de danses, théâtre, poterie, batick) avec une architecture genre "Palais du Facteur Cheval" à partir de matériaux locaux exclusivement. Le lieu est
connu des amateurs de calme et un peu "baba cool" mais surtout les conditions permettent aussi le séjour des Sénégalais.
La table est bonne, la vue imprenable au-dessus de l'océan.
Coup de barre pour moi à l'arrivée : une mosquée est venue se nicher juste à côté de l'hôtel. Et ça c'est non négociable pour mon calme nécessaire pendant les vacances !!! Mais on m'a garanti
que c'est une mosquée muette EXCEPTIONNELLEMENT càd sans appel à la prière...Le rêve ! Et ça se vérifie...mais franchement pourquoi toutes les mosquées du Sénégal ne copient pas celle-là !!!
En dépit des quelques souvenirs datant pas d'hier qui me trottent dans la tête, je réussis à bien me reposer et à apprécier moi-aussi toutes les rencontres qui se font entre notre arrivée et
le départ pour Somone via Popenguine.
Popenguine
C'était pas mon plan initial de passer par la route annexe à moitié en piste pour aller à Somone. Mais sur suggestion de Moussa et réflexion de Pap' je me suis dit que ça allait
permettre de rouler plus tranquillement. Popenguine est la résidence de WE du Président Wade, c'est une petite ville connue dans toute l'Afrique de l'Ouest pour son église devenue lieu de
pélerinage. Je sais plus trop pour quelles raisons d'ailleurs ! Mais Popenguine est aussi un bourg propre + calme + sans mendiant ce qui en fait un lieu courru pour les escapades à la plage le
WE. Bon bref, pour Cha, le truc catho incontournable n'avait pas été programmé of course !
Sauf que le déjeuner ayant traîné en longueur pris sous une paillotte directement sous le soleil avait eu des effets de coup de chaud sur Charlotte qui sont devenus
visibles sur la piste à l'heure où on roulait. C'était la seule fois où l'horaire d'arrivée à Bandia était impératif : 15h pour pouvoir voir le maximum de bêtes à 16h. D'où la conduite aux heures
chaudes et sans sieste. Bref ! L'église de Popenguine m'est apparue soudain LE coin où poser Charlotte pour la laisser récupérer. Et ça a marché !!! L'église était ouverte, fraîche, déserte...l'eau
à portée de main pour s'y rafraîchir tête-nuque-bras ; les bancs en bois parfait pour s'y mettre à l'aise et avec des ventilateurs prévus pour les gens assistant aux offices. Y a eu donc tout ce
qu'il fallait pour reprendre des forces. Bien entendu, avec respect et discrétion mais beaucoup d'humour et de complicité, Charlotte et moi ont a vécu cette pause comme un moment inattendu
totalement. Et on a même signé le registre des pélerins pour remercier la patronne de l'église pour son accueil. Notre accompagnateur-chauffeur a été très ému et touché par le recueillement de
Charlotte...et reste persuadé jusqu'à maintenant que l'effet saint de Popenguine a permis à Charlotte d'apprécier la suite du voyage.
Bandia
Je n'y avais jamais mis les pieds mais je m'y suis régalée de la végétation et de la vue des bestioles à quelques mètres de nous, bien installées dans un 4X4 conduit par un pro. Mais j'ai crû
défaillir à cause des autruches qui osaient s'approcher directement de nous !!! d'autant plus que le guide a insisté sur le danger qu'elles représentent alors que je les croyais innoffensives. La
ballade de 2h était ultra reposante et oxygénante hormis cette panique.
Somone
C'est le coin calme et recherché des gens réfractaires à Saly (escale suivante)... Vrai petit paradis sans harcèlement aucun pour vente forcée. Cadre naturel protégé car mangrove sur la lagune
devenue réserve d'oiseaux (on a zappé la visite !). Plage magnifique absolument pas aménagée.
Et le summum : la traversée entre lagune et océan pour atterrir sur l'île aux Robinsons (robinsonnes en l'occurence).
Saly
C'est l'usine à touristes connue dans le monde entier (comme Djerba pour la Tunisie) et surveillée de près dans le cadre de la lutte contre le sida àç cause de tous les dérapages de comportements
induits par la pauvreté cotoyant le ghetto luxueux. J'avais repéré un petit hôtel atypique (à côté des palaces se succédant et des innombrables résidences de petites cases locatioves) dans le
quartier africain (La Médina) mais CALME et PROPRE. Tenu par un couple mixte artiste, la déco y est soignée et j'avais repéré la piscine au milieu du patio.
Sauf que pendant l'hivernage y a BEAUCOUP de moustiques...et qu'une chambre ventilée pas en bord de mer n'est pas suffisamment ventilée pour qu'on y dorme en paix. Nuit blanche totale pour
moi ayant dormi sur la terrasse en sécurité à côté de notre accompagnateur, pour laisser la chambre avec grand lit à baldaquin recouvert d'une mosutiquaire à Charlotte, malade avec grosse
fièvre.
En dehors de ce méga-contretemps, la sortie dans Saly huppé a été épique. Personne ne nous avait abordées dans le quartier africain autrement que par des "Toubab bonjour" venant des enfants jouant
dans les ruelles...mais dès qu'on a débouché sur les rues commerçantes et places occidentalisées de haut de gamme, alors là ça a été la ruée de tout et de n'importe quoi. A tel point que pour
éviter de vivre des émotions fortes non désirées il a fallu réagir vite et se replier sur un des innombrables restaux de luxe où personne ne vient déranger les clients.
Et puis les coupures de courant rendent le décor sous la pluie encore plus impressionnant dans le genre pas reposant...Alors, après un excellent dîner servi en terrasse à l'étage supérieur, donc
offrant un spectacle de la vie nocturne très animée, on a pensé à la proposition de notre accompagnateur Pap" qui m'avait soufflé "qu'en cas de moindre problème à Saly" il viendrait nous rejoindre
depuis Dakar (3h de route sous la pluie de nuit). Et on a tenté le coup. Et il a foncé. Et tout est devenu plus facile à partir du moment où notre "garde du corps" nous accompagnait en voiture et à
pied pour découvrir Saly By Night : le casino, les hôtels de luxe avec piscines de rêve, la promenade pavée de bord de mer.
Après une nuit interminable à compter les heures et à causer sur la terrasse pendant que Charlotte dormait, j'ai estimé préférable d'avoir un avis médical sur la santé de Charlotte après une 2ème
nuit perturbée par des problèmes, et on est allé dans le quartier au centre de santé où j'avais été travailler en février pour voir l'infirmier major et demander conseil. Charlotte a découvert un
lieu de santé publique avec consultation pour les mères et enfants, dans un décor pour elle inimaginable. Le collègue m'a accueillie à bras ouvert et entendant les explications que je lui relatais
m'a gentiment donné un traitement préventif palu (hors de prix) pour 2 mois gratuitement...tout en prenant RV pour nous chez un de ses collègues médecins privés à Saly pour Charlotte.
Sous des trombes d'eau non stop et dans la gadoue incroyable, grâce à la conduite de Pap', on a fini par trouver la pharmacie et le cabinet médical associé. Et Charlotte a été reçue et rassurée.
Les médicaments achetés, on est rentrés sur Dakar pour 2 nuits de repos nécessaires après mes quasi deux nuits blanches et pour récupérer une santé tranquille de Charlotte...et pour fêter les 20
ans avec nos amis les résidents.
Tout le monde à la Résidence s'y est mis pour assurer à Charlotte une bonne nuit dans une chambre rien qu'à elle climatisée non stop dès son arrivée à 15h. Le soir elle était ravie et
splendide dans sa tenue en voile noir décorée de bandes en pagne mandjaques du couleur du Sénégal. Pendant sa sieste, accompagnée par Pap' au supermarché, j'avais trouvé de quoi faire un dîner 20
ans pour 6 personnes : tomates sénégalaises + épinards sénégalais + concombres sénégalais + gâteau sénégalais marbré au chocolat + équivalent sénégalais de Nutella...et 20 bougies. En
préparant le dîner (dont lavage à l'eau de javel des légumes), j'ai été rejointe par Christian mon collègue d'ONUSIDA et voisin dans la résidence qui a proposé d'apporter ses spécialités de
charcuterie espagnoles et de fromage pour étoffer le foie gras de Mamie-Maman. Charlotte s'est chargée du nappage du gâteau (opération délicate à cause des mouches). Et on a passé 3h sur la
terrasse supérieure éclairée et sans pluie, à se régaler tous ensemble, à beaucoup causer et à aider Charlotte à souffler ses 20 bougies...et même ensuite à déchiffrer son mot croisé
spécial anniversaire.
Le repos du 20 août était bien mérité et celui de ce 21 aussi. On est prêtes à repartir pour la suite de la découverte de la Petite Côte, accompagnées heureusement encore et toujours par Pap'.
Donc à la prochaine !
Par Evelyne et Charlotte
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